Ma femme
Tu es l'enfant que le n'ai pas voulu,Tu es la mère
qu'un jour je n'aurai plus,Tu es l'ami que
racontent les bardes,<tab> Ma femme,Tu es
tous ceux que je n'ai pas aimés :Vingt ans de
peur, y a pas d'feu sans fumée,Et ce feu-là,
fragile, je te le garde,<tab> Ma femme,Et
puis, conjugal'ment parlant,On ne ressembl' pas à
ces gensQui s'épousaillent et qui se
taisent,L'habitude a beau faire sa cour,Notre
petit foyer sur courCherche la mer et ses
falaises...Tu es l'enfant qui sanglote et
s'endort,Cet oiseau blanc qui revient vers le
Nord,Tu es l'oiseau de tiédeur et de
plumes,<tab> Ma femme,Tu es la lionne qui
veille des petitsQui sont aux autres, pas les
siens - comme on dit -Tu es la lionne aimante et
redoutable,<tab> Ma femme,Et puis,
zoologiqu'ment parlant,On ne ressembl' pas à ces
clansQu'on apprivoise et qu'on apaise,L'habitude a
beau faire sa cour,Notre petit Kénya sur
courCherche sa jungle et son Zambèze...Tu es
l'enfant étrange qui s'entêteA préférer le
genre humain aux bêtes,Tu es l'enfant qui
croit toujours au Monde,<tab> Ma femme,Tu es
la bouch' des pauvres qu'on musèle,Le poing tendu
des manchots, des rebelles,Tu es l'Espoir qui
palpite et qui gronde,<tab> Ma femme,Et
puis, socialement parlant,On n'ressembl' pas à ces
DurandQui cocoriqu', qui marseillaisent,L'habitude
a beau faire sa cour,Notre petit' patrie sur
courC'est un vieux sentier de Corrèze...Tu es
l'enfant qui supplie dans le noir :"Dis, s'il
te plaît, racont' -moi une histoire,Celle où
le loup n'a pas mangé la
chèvre..."<tab> Ma femme,Et je murmure
: Il était une fois..."Et te voilà partie à
travers bois,Petite chèvre accrochée à ton
rêve,<tab> Ma femme,Et puis, tout
bêtement parlant,Nous, on ressemble à ces
enfantsQui se réchauffent et qui se
plaisent,L'habitude a beau faire sa cour,Notre
petit bonheur sur courSe cache entre ses
parenthèses...Tu es l'enfant que je n'ai pas
voulu,Tu es la mère qu'un jour le n'aurai plus,Tu
es l'ami que racontent les bardes,<tab> Ma
femme !