Pion
À chaque bond, un échelon
Je gravis lentement l’échelle de la perception
Sur mon dos, une pesée
Mon quotidien, l’énorme fardeau d’exister
Au premier, c’est l’urgence
La vitesse des aiguilles qui me font suivre leur
cadence
L’échéance, date limite
Je retords toujours mon fil parce que je ne suis
pas assez vite
Au deuxième étage, j’observe tous les autres d’en
haut
On vise le même rivage, on est tous dans le même
bateau
On échange notre jeunesse contre une retraite
anticipée
Lorsque je serai riche, je serai trop vieux pour
dépenser
L’ascension au troisième réduit l’importance de
mes soucis et problèmes
Altitude compressant mes oreilles saignent les
nuages de mon subconscient
L’épaisseur de l’oxygène me permet de voir
derrière la fausse mise en scène
Les couleurs, la vision, la beauté qui emprisonne
la civilisation
La révélation, la réponse à ma question
Léger comme une plume, j’atteinds le plus haut
sommet
Dans mon costume posthume, c’est mon dernier
plongeon
À l’aterrissage, je me souhaite un sommeil vite
fait